publié par Meryem MOUMEN
D’une fonction de contrôle à un pilier stratégique
Longtemps perçues comme de simples fonctions de contrôle, la gestion des risques et la conformité sont aujourd’hui devenues de véritables piliers de la gouvernance.
Dans un secteur bancaire soumis à une exigence accrue de transparence et de maîtrise des risques, la question n’est plus de savoir si les fonctions de gestion des risques et de la conformité sont indispensables, mais comment elles structurent désormais la gouvernance des établissements.
Entre attentes renforcées des régulateurs, vigilance accrue des marchés et complexité croissante des opérations, ces fonctions jouent un rôle déterminant dans la sécurisation des décisions et la préservation de la confiance. Elles participent directement à la solidité financière, à la réputation et à la durabilité des organisations.
À travers cet article, nous allons analyser pourquoi ces métiers sont devenus centraux dans le modèle bancaire actuel et comment leur rôle continue d’évoluer.
I. Un environnement bancaire sous pression croissante
Le cadre réglementaire bancaire connaît depuis plusieurs années une intensification sans précédent. Les établissements évoluent dans un environnement marqué par une accumulation continue de normes et de dispositifs visant à renforcer la solidité du système financier et à limiter les risques systémiques. Bâle III puis Bâle IV, dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, réglementations liées à la résilience opérationnelle numérique (DORA), intégration des enjeux ESG ou encore renforcement des régimes de sanctions internationales : la liste des exigences ne cesse de s’allonger.
À cette inflation réglementaire, s’ajoute un durcissement des attentes des autorités de supervision. Les régulateurs ne se contentent plus d’un respect formel des textes. Ils attendent désormais des établissements une capacité à identifier, mesurer, piloter et documenter leurs risques de manière proactive.
Les conséquences d’un manquement sont par ailleurs immédiates et souvent lourdes. Les sanctions financières atteignent des montants significatifs, mais l’impact dépasse largement le cadre économique : atteinte à la réputation, perte de confiance des investisseurs et des clients, pression médiatique, voire remise en cause du modèle opérationnel.
Face à cette réalité, la conformité ne peut plus se limiter à une approche déclarative ou documentaire. Elle doit être démontrable, mesurable et intégrée au cœur des processus opérationnels. Cette évolution marque le passage d’une logique de conformité « formelle » à une logique d’efficacité, où les fonctions risques et conformité deviennent des acteurs clés de la maîtrise des risques et de la crédibilité de l’institution auprès de ses superviseurs.
II. L’évolution du rôle des fonctions risques et conformité
1. D’une fonction de contrôle à un rôle de partenaire stratégique
Les fonctions de gestion des risques et de conformité ont connu une transformation profonde au cours des dernières années. Là où la fonction se concentrait principalement sur le respect des obligations réglementaires, elle intervient aujourd’hui comme un partenaire à part entière des métiers.
L’approche « check the box » laisse progressivement place à une logique d’anticipation et de conseil. Les équipes sont associées en amont aux projets structurants afin d’identifier les risques, d’en mesurer les impacts et de proposer des solutions adaptées. Cette proximité accrue avec les opérationnels renforce leur contribution à la performance globale de l’établissement.
Cette évolution s’accompagne d’un dialogue renforcé avec la Direction Générale, qui s’appuie de plus en plus sur ces expertises pour piloter les enjeux de conformité, de résilience et de gouvernance.
2. Une professionnalisation et une spécialisation accrues
Face à la complexité croissante des risques et à l’évolution rapide des réglementations, les métiers de gestion des risques et de conformité se sont fortement professionnalisés. Les équipes ne se contentent plus de maîtriser les normes, elles doivent désormais combiner expertise réglementaire, compréhension des enjeux métiers et maîtrise des outils technologiques.
Cette transformation s’accompagne d’une spécialisation des profils. Certains se concentrent sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, d’autres sur les risques ESG, la cybersécurité ou l’analyse des risques à l’aide de la data. Les compétences hybrides, réglementaires, techniques, data et business sont devenues indispensables pour anticiper les risques, conseiller les métiers et contribuer à la stratégie globale de l’établissement.
III. Pourquoi la gestion des risques et la conformité sont devenus un enjeu stratégique pour les banques
1. Un levier de sécurisation de la croissance
Ces fonctions permettent de sécuriser le développement des établissements en intégrant, dès le départ, les contraintes réglementaires locales et les risques pays.
Elles interviennent également dans la conception et le lancement de nouveaux produits et services, en veillant à leur conformité, à la maîtrise des risques associés et à leur viabilité dans la durée. Dans un contexte de digitalisation, nouveaux usages, nouveaux acteurs, etc.
2. Un facteur clé de confiance
Au-delà de leur rôle interne, les fonctions de gestion des risques et de conformité participent directement à la crédibilité des établissements vis-à-vis de l’ensemble de leur écosystème. Elles sont un point d’appui majeur pour les régulateurs, qui attendent des dispositifs robustes, transparents et efficaces.
Elles contribuent également à rassurer les investisseurs, sensibles à la qualité de la gouvernance et à la maîtrise des risques, ainsi que les clients et partenaires, de plus en plus attentifs aux enjeux de conformité, d’éthique et de sécurité.
3. Un avantage concurrentiel différenciant
Un dispositif de gestion des risques mature constitue un véritable atout concurrentiel. Il permet aux établissements d’anticiper les évolutions réglementaires plutôt que de les subir, de mieux absorber les chocs et de renforcer leur résilience face aux crises.
Cette capacité d’anticipation et de maîtrise contribue à renforcer l’image de solidité et de sérieux de la banque. À terme, elle devient un facteur de différenciation, au service de la pérennité de l’organisation.
Conclusion
Dans un environnement marqué par une complexité réglementaire, une évolution rapide des risques et une transformation profonde des métiers, les banques ne peuvent plus aborder la gestion des risques et la conformité comme une simple fonction de contrôle. La structuration des équipes, le développement des compétences et l’adaptation continue des dispositifs sont devenus des enjeux majeurs.
C’est dans ce contexte que des cabinets spécialisés comme Montaigne Executive Advisory jouent un rôle important. En accompagnant les établissements bancaires dans la structuration de leurs fonctions de gestion des risques et de conformité et l’adaptation de leurs organisations aux nouvelles exigences réglementaires, ils contribuent directement à la sécurisation et à la performance des dispositifs mis en place.
L’intervention du cabinet Montaigne Executive Advisory s’inscrit dans une logique d’accompagnement global : compréhension fine de vos enjeux métiers, appui aux transformations organisationnelles, et alignement de vos fonctions de contrôle avec les objectifs stratégiques de votre établissement. Cette approche vous permettra de renforcer durablement votre gouvernance, votre résilience et votre crédibilité sur le marché.
Dans un contexte où la maîtrise du risque est devenue un facteur clé de compétitivité, s’appuyer sur un partenaire expert constitue un levier essentiel pour construire des dispositifs de gestion des risques et de conformité solide, agiles et pérennes.